Quelles sont les origines du jazz manouche ?

Jean « Django » Reinhardt ou la naissance du du jazz manouche.

Django Reinhardt - definition jazz manouche

Django Reinhardt 1947
(cliché Vandamme)

Le jazz manouche (aussi connu sous le nom de swing manouche ou hot club jazz) est un style de jazz dont les origines remontent aux années 1930 à Paris, à l’époque du guitariste rom Jean « Django » Reinhardt et qui est généralement reconnu pour avoir été créé par ce dernier, en France, dans le courant de la période française, par les Roms manouches, le jazz manouche étant un jazz gitan, souvent appelé jazz  » manouche « , voire le « gipsy swing » en anglais.

Django Reinhardt faisait partie d’un groupe de guitaristes roms travaillant à Paris des années 1930 aux années 1950. Le groupe comprenait les frères Baro, Sarane, Matelo Ferret et le frère de Reinhardt, Joseph « Nin-Nin » Reinhardt.

Source média : radio pulsar

Des formations musicales « acoustiques »

De nombreux musiciens de jazz manouche ont travaillé à Paris dans des ensembles de musette populaires où l’instrument principal était généralement l’accordéon avec des accompagnements en banjo, ce dernier jouant avec un plectrum pour plus de volume.

Des éléments des deux instruments apparaissent dans le son « jazz manouche », avec des arpèges et des décorations typiques des accordéonistes transférées à la guitare, et une attaque de la main droite appliquée à la guitare acoustique principale pour atteindre un volume maximum dans une époque où l’amplification électrique est faible ou nulle.

La pompe manouche c’est quoi exactement ?

D’autres éléments du son de l’ensemble comprenaient l’utilisation d’instruments à cordes seulement, ce qui était inhabituel pour l’époque, l’absence de cuivres et de batterie étant une nouveauté dans le contexte du jazz, ainsi que l’utilisation de la contrebasse, qui avait pris le relais du sousaphone (apparenté au tuba-contrebasse) pour jouer de la basse ; l’absence de batterie était compensée par un accompagnement très rythmique de la guitare appelé « la pompe » qui donnait le rythme et la structure harmonique aux solistes. Le jazz manouche peut être joué sur des guitares seules avec ou sans contrebasse.


Vidéo extraite de la méthode de guitare manouche par Rebillard et Givone

Vidéo extraite de la méthode de guitare manouche par Rebillard et Givone

Mais dans le Quintette du Hot Club de France, le travail en solo alterne entre Reinhardt à la guitare et le violoniste de jazz Stéphane Grappelli. Dans les versions ultérieures du Quintette, la clarinette ou le saxophone ont remplacé la guitare par la clarinette ou le saxophone, et ces instruments sont parfois utilisés dans des ensembles de jazz manouche contemporain à la place du violon, bien qu’ils s’éloignent évidemment du format « toutes cordes ».

La naissance de la légendaire guitare Selmer

La fameuse guitare Selmer démocratisée par Jean Django Reinhardt
source média : radio-pulsar

Django Reinhardt et son groupe ont utilisé une gamme de modèles de guitares disponibles en France, mais la guitare Maccaferri, anciennement appelée « Selmer-Maccaferri » et ensuite raccourcie en « Selmer », a dominé parmi eux. Ce modèle était assez populaire pour être commercialisé aujourd’hui comme une « guitare jazz manouche » jouée exclusivement par des guitaristes de jazz manouche en raison de sa sonorité et de sa réactivité. Ces guitares ont été fabriquées en deux premières versions, la première avec un grand trou sonore en forme de « D » (dites « grande bouche« ) et les plus récentes avec un petit trou sonore en forme de « O » (dites petite bouche). Ces derniers modèles sont considérés comme les plus adaptés au jeu de guitare solo.

Comment est né le style jazz manouche ?

Le jazz manouche a été appelé swing manouche pour désigner une musique plus influencée par le jazz que le swing ou le style Hot Club lancé par Reinhardt.

Après avoir entendu du ragtime et la musique de Dixieland, Django Reinhardt écoute Duke Ellington, Joe Venuti et Eddie Lang, et surtout Louis Armstrong via la discothèque du peintre Émile Savitry à Toulon en 1931.

Django et Grappelli, la rencontre de deux virtuoses

Après avoir rencontré Stéphane Grappelli, Reinhardt ils jouent ensemble de façon informelle quand ils ne jouent pas avec un petit orchestre à l’hôtel Claridge à Paris pendant l’été 1934. Selon un récit dans un livre de Michael Dregni, Grappelli jouait un refrain, puis Reinhardt a commencé à improviser. Ils étaient parfois accompagnés à la contrebasse par Louis Vola, le leader du groupe, et à la guitare rythmique par Joseph, le frère de Reinhardt. C’était le noyau du groupe de Reinardt.
L’ajout de Roger Chaput à la guitare rythmique en a fait le Quintette du Hot Club de France.

Source Youtube – chaine trigorina
Django Reinhardt & Stephane Grappelli – Minor Swing

Cette formation classique, avec des changements occasionnels de membres à la contrebasse et à la guitare rythmique, est entrée en studio d’enregistrement plus tard dans l’année.
Ils ont beaucoup enregistré jusqu’au déclenchement de la guerre en 1939, alors que le Quintette était en tournée en Angleterre. Reinhardt est retourné à Paris tandis que Grappelli est resté à Londres pour la durée de la guerre.
Après la guerre, ils se réunissent à Londres et enregistrent avec une section rythmique anglaise. L’époque du son Hot Club était révolue, car les deux hommes avaient suivi des chemins musicaux indépendants.

Le jazz manouche d’après guerre : une inspiration américaine.

Django était passé à un son électrique influencé par le bebop. Ses fils, Lousson et Babik, ont joué dans un style influencé par le jazz américain. Le style classique du swing manouche (acoustique, cordes, pas de batterie) a été conservé chez les gitans en Belgique, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas comme un style folk en hommage à Django Reinhardt.

Ce style est réapparu dans les années 1960 dans le groupe allemand Schnuckenack Reinhardt et à partir des années 1970 dans la musique du groupe belge Waso et du guitariste Fapy Lafertin, du musicien français Raphaël Faÿs, du guitariste néerlandais Stochelo Rosenberg, et du guitariste alsacien Biréli Lagrène.
On peut le voir dans la famille Ferré (alias Ferret). Matelo Ferret et son frère Baro avaient joué avec Reinhardt. Les fils de Matelo, Boulou et Elios Ferré, étaient également musiciens dans la tradition du jazz manouche.


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